Il est doux d’aimer faiblement

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Il est doux d’aimer faiblement, Quand, ayant vaincu sa puissance, L’amour dès son commencement Ressemble à la convalescence. Quand on songe à ce qu’eût été Cette tempête meurtrière, Et qu’à présent, malgré l’été, Malgré la chaleur, la lumière, Malgré la musique, malgré Ce point fascinant d’un visage, On a doucement enterré, Entre l’ardeur et le courage, — Noirs cyprès d’un clair paysage Le désir dans un tombeau sage…