Centaures et Lapithes

José-Maria de Heredia

Les Trophées — 1893

La foule nuptiale au festin s’est ruée, Centaures et guerriers ivres, hardis et beaux ; Et la chair héroïque, au reflet des flambeaux, Se mêle au poil ardent des fils de la Nuée. Rires, tumulte… Un cri !… L’Épouse polluée Que presse un noir poitrail, sous la pourpre en lambeaux Se débat, et l’airain sonne au choc des sabots Et la table s’écroule à travers la huée. Alors celui pour qui le plus grand est un nain, Se lève. Sur son crâne, un mufle léonin Se fronce, hérissé de crins d’or. C’est Hercule. Et d’un bout de la salle immense à l’autre bout, Dompté par l’œil terrible où la colère bout, Le troupeau monstrueux en renâclant recule.