Napoléon

Élisa Mercœur

Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843

Il apparaît, monté sur des débris de lois, Comme avec son hochet joue avec la victoire ; Il donne l’univers pour patrie à sa gloire, Et court en ne marchant que sur le front des rois. Ses bras pour l’y placer, font un trône des trônes, Il s’y place !… chargé d’un fardeau de couronnes Sans qu’il fléchisse sous leur poids. Des éclairs qu’il lançait, il dévorait la terre, Ce tonnerre tombé qu’éteignit l’Océan… Toi qu’il gagna, perdit France, ma triste mère ! Pourquoi regardes-tu cette ombre de géant ? Sur le soir orageux de ton jour de démence, Naguère il vint briller, semblable à l’espérance, Quand ton glaive sur toi frappant ses coups mortels, Tu souillais la palme civique, Du sang qui, vil parfum, brûlait sur les autels De ta liberté fanatique. Bientôt mœurs, sceptres, lois, tout s’enfuit, entraîné Par sa puissance vagabonde. Pour prix de son génie, il demanda le monde… Et le monde lui fut donné !