Quoi ! Mourir séparés !…

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Quoi ! Mourir séparés ! Se pourrait-il qu’on ôte Ta chaleur à la mienne et mon corps à ton corps, Moi qui fus ta demeure, et toi qui fus mon hôte Dans l’indéfinissable accord ! Ne pourrions-nous fixer en la sainte hébétude Qui succède au plaisir, ô mon vivant tombeau, Cette muette, froide et double solitude Que serait l’éternel repos ?…