L’éternel petit roman . XIV: Rosa fâchée

Victor Hugo

Les Chansons des rues et des bois — 1865

Une querelle. Pourquoi ? Mon Dieu ! parce qu’on s’adore. À peine s’est-on dit Toi Que Vous se hâte d’éclore. Le cœur tire sur son nœud ; L’azur fuit ; l’âme est diverse. L’amour est un ciel, qui pleut Sur les amoureux à verse. De même, quand, sans effroi, Dans la forêt que juin dore, On va rôder sur la foi Des promesses de l’aurore, On peut être pris le soir, Car le beau temps souvent triche, Par un gros nuage noir Qui n’était pas sur l’affiche.