Mais après les merveilles

Paul Verlaine

Odes en son honneur — 1893

Mais après les merveilles Qui n'ont pas de pareilles De l'épaule et du sein, Faut sur un autre mode Dresser une belle ode Au glorieux bassin. Faut célébrer la blanche Souplesse de la hanche Et sa mate largeur, Dire le ventre opime Et sa courbe sublime Vers le sexe mangeur Que chastement, encore Que joliment, décore Et défend juste assez L'ombre qui sied aux choses Divines, peu moroses Rideaux drûment tressés. Teutatès adorable, Saturne plus aimable, Anthropophage cher Qui veut aux sacrifices Non le sang des génisses Mais le lait de ma chair. Nous chanterons ensuite L'aine blonde et sa fuite Ambrée au sein du Saint... Mais déposons la lyre. Livrons-nous au délire Raisonnable et succinct ? Non ! fou, braque, orgiaque. En apache, en canaque Ivre de tafia : Nous ne sommes pas l'homme Pour la docte Sodome Quand la Femme il y a.