Coin du feu

Lucie Delarue-Mardrus

La Figure de proue — 1908

T’attarder à la rêverie Que l’esprit des tisons te siffle, Est-ce par peur du vent qui crie Ou que la grêle ne te gifle ? S’il fait mauvais, crève la vitre ! Ta bouche à la chaleur se gerce, Laisse interrompre ton chapitre Et va boire à même l’averse. Dehors, dure et bonne est la vie ; Ton âme attend que tu la mènes. Dehors, ce sont cent mille chênes Qui chantent de toute leur pluie. Il pleut ! Il pleut sur ton royaume ! Va ! Cours les routes et les pistes ! Le livre est trop lourd pour tes paumes, Et les conseils du feu sont tristes. Va !… Câline est la cheminée À l’heure où la tempête hue, Mais que pesante une journée De n’avoir pas été vécue !