Regarde tomber cette averse…

Renée de Brimont

Mirages — 1919

Regarde tomber cette averse tiède sur le jardin gourd si plein d’été. C’est un vague murmure répété de goutte en goutte et qui nous berce… Des odeurs de terre mouillée et de foin nous arrivent par la fenêtre où je m’appuie, et le soleil à travers cette pluie s’insinue encore, mais de loin, comme un amant essayant d’une feinte… Volupté de la demi-teinte ! Douceur des murmurantes et fraîches buées ! — Regarde, regarde les branches remuées qui s’émeuvent d’aise et de langueur au jardin pluvieux, cœur de mon cœur… Mais la parole n’est-elle inutile devant ces fluides et subtiles musiques ?