Envoi
Victor Hugo
Toute la lyre
Tu sais, ami rêveur qui vois ma destinée,
Quelle meute envieuse, âpre, immonde, acharnée,
Jappe après mes talons, et m’insulte, et me mord,
Comme si j’étais grand, comme si j’étais fort !
Mets sous clef ce poëme, et n’en parle à personne.
Cette meute surgit dès que mon clairon sonne,
Et rentre dans sa nuit sitôt qu’il a cessé.
Je veux la condamner au silence forcé. —
Pour quelque temps du moins. — Cet oubli qui lui pèse
Me plaît, et je me tais afin qu’elle se taise.