Danse

Anna de Noailles

Les Éblouissements — 1907

Quel miroitement de l’éther Où vibre une chaude cadence ! Je t’offre les splendeurs de l’air, Ô Bacchus, fils de Jupiter, Dieu passionné pour la danse ! Les oiseaux, d’un vol vif et dur, – Flèches qu’un arc secret élance, – Caressent le front du jour pur, Fondent dans les bains de l’azur, Pâlissent dans la nue immense ! Sous les espaces arrondis, La terre, bleuâtre fumée, Par ses aromes attiédis Soupire vers le paradis. – Et toi mon âme, âme enflammée, Dépasse aussi les arbres verts, Déchire la molle buée, Sois le parfum du ciel ouvert, La cymbale de l’univers Et la danseuse des nuées !