Sonnet

Anaïs Ségalas

Les Oiseaux de passage (Ségalas) — 1837

Unissez dans vos vers Soumet à Béranger, Et l’esprit qui pétille à la raison qui cause. — Charles Nodier. — Votre album aux cent noms est une cassolette, Où brûlent à la fois cent parfums précieux ; Un vaisseau pavoisé, qui déroule à nos yeux De tranchantes couleurs ; sa parure est complète. Comme il fait, l’élégant, une mine coquette ! Il étale aux regards ses vers capricieux, Émaillés, ciselés, simples ou radieux : Que d’écrins on ouvrit pour faire sa toilette ! Ses bijoux variés n’éblouissent pas tous : L’un a des feux plus vifs, l’autre les a plus doux ; Ici, c’est un brillant qui chatoie et rayonne ; Là, c’est une étincelle, et plus loin un grain d’or ; Cette pierre à côté n’est point taillée encor ; Mais tout cela groupé lui fait une couronne.