Vers A.
Élisa Mercœur
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843
Le malheur me retient sous sa méchante loi.
Les fers aux pieds, ma pénible existence,
Des lois du sort subissant la rigueur,
Cherchant la gloire et trouvant l’indigence,
Est enchaînée au bagne du malheur !
Ah ! puissiez-vous, accueillant ma prière,
Prendre en pitié la pauvre prisonnière,
Qui n’a rien fait pour mériter ses maux ;
Parler au sort, le gronder de sa haine,
Et le contraindre à me rendre ma chaîne
Moins lourde de quelques anneaux !