La bonté, n’étant pas l’excès

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

La bonté, n’étant pas l’excès De l’amour, fait souffrir souvent ; Tant de douceur est décevant, On doute, on soupçonne, on ne sait. — Ces mots patients, ce besoin De ne pas nuire à ce qu’on aime Interloquent les cœurs extrêmes Qui, pouvant mieux, n’ont pas de soins Envers l’auguste passion Qui hait les élans retenus. — Je songe aux jours où j’ai connu Ta cruelle abnégation…