Aux heures où le ciel est noir, où l'astre est clair

Victor Hugo

Toute la lyre

Aux heures où le ciel est noir, où l’astre est clair, Lorsque les visions de nuit flottent dans l’air Comme ces tourbillons qui vont le long des grèves, Quand les hommes sont lourds dans leur lit plein de rêves, Dieu leur ouvre l’oreille et leur parle tout bas. Il leur dit ce qu’il faut qu’ils sachent ; de quel pas Le juste doit marcher dans l’ombre de la vie ; Grand, éviter l’orgueil, et petit, fuir l’envie. Oh ! tressaillez, vous tous qu’avertit cette voix ! Écoutez-la bien ! Dieu ne parle qu’une fois Et ne répète point les choses qu’il a dites. C’est la voix que jadis, tremblants, vous entendîtes, Ô prophètes ! esprits qui songiez au désert ! Et c’est tantôt la foudre, et tantôt un concert.