Après qu’un temps la grêle et le tonnerre…
Louise Labé
Élégies et Sonnets — 1555
Après qu’un temps la grêle et le tonnerre
Ont le haut mont de Caucase battu,
Le beau jour vient, de lueur revêtu.
Quand Phebus ha son cerne fait en terre,
Et l’Océan il regagne à grand erre
Sa seur se montre avec son chef pointu.
Quand quelque temps le Parthe ha combattu,
Il prend la fuite et son arc il desserre.
Un temps t’ai vu et consolé plaintif,
Et défiant de mon feu peu hâtif :
Mais maintenant que tu m’as embrassée,
Et fuis au point auquel tu me voulois,
Tu as ta flame en quelque eau arrosée,
Et es plus froid qu’être je ne soulois.