Le Vœu

Élisa Mercœur

Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843

Lorsque tu ne sens plus la flamme Qui dévore mon faible cœur ; Lorsque tu m’as repris ton âme, Qu’une autre fasse ton bonheur ! Qu’elle ignore, heureuse et charmée, Ce qu’on souffre en perdant ta foi… On meurt quand on n’est plus aimée… Puisses-tu l’aimer plus que moi ! Non, je ne puis, de la vengeance Éprouvant le besoin fatal, Lui désirer ton inconstance ! Ton oubli cause trop de mal ! De regrets mon âme abîmée, Fait des vœux pour elle et pour toi… On meurt quand on n’est plus aimée… Puisses-tu l’aimer plus que moi ! De douleur lorsque je succombe, Adieu ! toi qui m’as pu trahir. Ton abandon creusa ma tombe ; J’y descendrai sans te haïr. Dans un froid cercueil enfermée, J’oublîrai… même jusqu’à toi… On meurt quand on n’est plus aimée. Puisses-tu l’aimer plus que moi !