Lorsque la mort, succédant à l’ennui

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Lorsque la mort, succédant à l’ennui, M’accordera sa secourable nuit Douce au souhait que j’eus de cesser d’être, Je veux qu’en paix l’on ouvre la fenêtre Sur ce morceau de ciel où mon regard A tant prié l’injurieux hasard De m’épargner dans la joie ou les peines Dont j’ai connu la suffocante haleine. — Qu’à mes côtés se reposent mes mains, Calmes ainsi que les sages étoiles, Et sur mon front que l’on abaisse un voile, Pour l’honneur dû aux visages humains…