Je ne m’estonne pas si du ciel adultère

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Je ne m’estonne pas si du ciel adultère L’impudique Venus conçeut furtivement Le bourreau, des humains l’ingenieux tourment, Et des espritz bien nez le venimeux cautere. Amour, je croys qu’allors que ton malheureux pere Fust au lict de Vulcan, c’estoit signallement Au jour que du deluge il fit cruellement Estrangler par Thetis Cybelle nostre mère ; Le Saturne ennemy qui dominoit le jour De ton enfantement tel ascendant amour Fust le signe des pleurs, dont la terre regorge ; Mais pourquoy justement ne permit le destin Que le deluge ait peu, de ce filz de putain Coupper les coups, les jours, la naissance & la gorge ?