L’éternel petit roman . XIX: Réponse à l’esprit des bois

Victor Hugo

Les Chansons des rues et des bois — 1865

Nain qui me railles, Gnome aperçu Dans les broussailles, Ailé, bossu ; Face moisie, Sur toi, boudeur, La poésie Toourne en laideur. Magot de l’Inde, Dieu d’Abydos, Ce mont, le Pinde, Est sur ton dos. Ton nom est Fable. Ton boniment Quelquefois hâble Et toujours ment. Ta verve est faite De ton limon. Et le poëte Sort du démon. Monstre apocryphe, Trouble-raisons, On sent ta griffe Dans ces buissons. Tu me dénonces Un rendez-vous, Ô fils des ronces, Frère des houx. Et ta voix grêle Vient accuser D’un sourire, elle, Lui, d’un baiser. Quel vilain rôle ! Je n’en crois rien, Vieux petit drôle Aérien. Reprends ta danse, Spectre badin ; Reçois quittance De mon dédain Où j’enveloppe Tous tes aïeux Depuis Ésope Jusqu’à Mayeux.