Le jour, hymne silencieux

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Le jour, hymne silencieux, Dans sa pure et limpide essence Entr’ouvre à toute connaissance Le vide consolant des cieux. Nul voile, en ce feu bleu d’été, Ne peut tromper la créature, Ni masquer la simplicité De l’inconsciente nature. — Mais je ne fais aucun accueil À la volupté du ciel calme. Je ne vois ni roses ni palmes. La beauté du monde est dans l’œil.