Un soir

Victor Hugo

Toute la lyre

Parmi les étoiles sans nombre, Mon esprit s’évanouissait ; Je vis une blancheur dans l’ombre. C’était un ange qui passait. Elle posa ses mains divines Sur mon front sombre et soucieux… Ô champs ! ô vallons ! ô collines ! Ô sereine beauté des cieux ! Et ma bouche ardente et pâmée Murmura : Viens ! adorons-nous ! Vivons ! et cette bien-aimée, Pâle, tomba sur mes genoux. Que de fois j’ai dit sur les grèves : Ô flots ! vous êtes une voix ! Que de fois j’ai rempli de rêves L’étrange profondeur des bois !