Quand je voy’ ce chasteau dedans lequel abonde

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Quand je voy’ ce chasteau dedans lequel abonde Le plaisir, le repos, & le contentement, Si superbe, si fort, commandé fierement D’un marbre cannelé, & de mainte tour ronde, Je vironne à l’entour. & en faisant la ronde J’oppose à mon plaisir, le dangier, le torment, Et contre tout cela l'Amour fait vaillamment Vaincre par les desirs toutes les peurs du monde : L’Amour commande là, qui d’un traict rigoureux Perce les conquerans, meurtrit les amoureux. Le fier me refusa, quand de sa garnison Je demandoy’ un jour la paye vive ou morte, Je veux à coup perdu me jetter dans la porte Pour y avoir logis, pour le moins, en prison.