Le Dédain de Psappha

Renée Vivien

La Vénus des aveugles — 1904

Vous qui me jugez, vous n’êtes rien pour moi. J’ai trop contemplé les ombres infinies. Je n’ai point l’orgueil de vos fleurs, ni l’effroi De vos calomnies. Vous ne saurez point ternir la piété De ma passion pour la beauté des femmes, Changeantes ainsi que les couchants d’été, Les flots et les flammes. Rien ne souillera les fronts éblouissants Que frôlent mes chants brisés et mon haleine. Comme une Statue au milieu des passants, J’ai l’âme sereine.