x . Ce rosier

Francis Jammes

Poèmes mesurés — 1908

Ce rosier dont la canne a poussé droit supporte comme un nœud de serpents de courtes branches tortes que couronnent les choux de grosses roses rouges. L’arbuste est là comme un jouet. Une ombre bouge. C’est celle d’un vieillard, lecteur de l’Iliade. Il suit le jeu d’échecs que fait la balustrade et gagne son fauteuil qui s’appuie à un socle. Sage vieillard ! Il vous fait songer à Sophocle. C’est un veuf. Sa Baucis fut changée en tilleul. Il regarde longtemps le rosier qui est seul.