Je veux te louer, te chanter
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Je veux te louer, te chanter,
Dire ta beauté nonpareille,
Benigne & gratieuze oreille
Qui prens plaisir à m’escouter ;
Mes cris ne t'ont peu desgoutter :
Si je suis prest, tu t'appareille,
Ta douceur à mon mal pareille
Lamente en m’oyant lamenter,
Honneste, douce & debonnaire
Tu escoutes bien ma prière :
C’est pourquoy ainsi je t’appelle,
Mais si tu fais contre raison
De la sourde à mon oraison.
Tu seras mal faite & moins belle.