Tout le ciel d’été me renvoie

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Tout le ciel d’été me renvoie Ton image, dont la vapeur Monte incessamment de mon cœur. Ah ! que tu sois aussi la proie De cette mortelle langueur ! — Se pourrait-il vraiment qu’on voie Faiblir celui qui nous fait peur ! — N’es-tu pas fatigué d’entendre, Homme prudent, sage, cruel, Monter de ce cœur, ivre et tendre, Comme un râle perpétuel ?