À l’heure du couchant

Renée Vivien

Haillons — 1910

Voici : Mon cœur est plein de chuchotements tristes Et mes yeux sont remplis de brume, vers le soir… En vain le couchant fait pleuvoir ses améthystes Et me promet la nuit et le silence noir… Rien ne peut alléger le poids lourd qui m’oppresse Et m’inflige soudain une étrange paresse. Je sens la vanité de tout ce que j’aimais, Et qui ne me sera plus si cher désormais… Puisque mes souvenirs deviennent infidèles Que je m’enfuie enfin ! Qu’on me prête des ailes !