La Marchande d’écrevisses

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Aux portes des cafés où s’attablent les vices, Elle va tous les soirs offrant des écrevisses Sur un petit clayon tapissé de persil. Elle a l’œil en amande orné d’un grand sourcil Et des cheveux frisés blonds comme de la paille. Or, ses lèvres en fleur qu’un sourire entre-bâille, Tentent les carabins qui fument sur les bancs, Et comme elle a des seins droits, et que, peu tombants, Ses jupons laissent voir sa jambe ronde et saine, Chacun d’eux lui chuchote un compliment obscène.