« Admire, enfant ! souvent aux marins de Messine »

Victor Hugo

Toute la lyre

— Admire, enfant ! souvent aux marins de Messine Un pauvre feu de pâtre au loin montre et dessine Charybde ou bien Scylla. Il conduit le nocher dans sa route prospère !… — Mais, répondit l’enfant, l’étoile aussi, mon père, Peut servir à cela. — Ô mon fils, ô mon fils ! tu l’as dit ! Parle encore ! Ô front pur qui vers moi montes comme une aurore, Mon enfant bien-aimé ! Tout est grand ! Tout est bon ! tu l’as dit de ta bouche Qui versa tant de fois sur mon esprit farouche Son souffle parfumé ! Tu l’as dit ! un seul mot de ta pure innocence — Vaut mieux que ma sagesse et plus que ma science, Enfant religieux ! Pour un regard d’enfant le ciel n’a pas de voiles. Où pourrait-on trouver le secret des étoiles Si ce n’est dans tes yeux ?