À la douce amie

Tristan Corbière

Les Amours jaunes — 1873

Çà : badinons — J’ai ma cravache — Prends ce mors, bijou d’acier gris ; — Tiens : ta dent joueuse le mâche… En serrant un peu : tu souris… — Han !… C’est pour te faire la bouche… — V’lan !… C’est pour chasser une mouche… Veux-tu sentir te chatouiller L’éperon, honneur de ma botte ?… — Et la Folle-du-logis trotte… — Jouons à l’Amour-cavalier ! Porte-beau ta tête altière, Laisse mes doigts dans ta crinière… J’aime voir ton beau col ployer !… Demain : je te donne un collier. — Pourquoi regarder en arrière ?… Ce n’est rien : c’est une étrivière… Une étrivière… et — je te tiens ! Et tu m’as aimé… — rosse, tiens !