Le temps est bref, les jours sont lents

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Le temps est bref, les jours sont lents, La morose monotonie Rétablit son calme dolent Sur les désirs qui l’ont bannie. Les vivants nous donnent parfois Ces grands moments dignes de foi Qui forcent la porte infinie ; Mais rien d’humain n’est excellent, Le cœur s’acharne et s’ingénie, Toujours plus las, moins pétulant… Et les morts seuls sont consolants.