Premier Cri

Émile Verhaeren

Les Plaines — 1911

L’aulne et le noisetier Ont seuls des fleurs en Février ; Elles naissent dans l’infortune Des jours brouillés et dissolvants : Leurs grappes jaunes et falotes Ballottent, Une à une, Aux quatre vents. Le long des rameaux nus et gris Et de la haie et du taillis, La queue en l’air du roitelet Saute. Le fond du bois est violet. Puisque l’hiver est toujours l’hôte Des matins froids allumés d’or, Le givre froisse et dûment mord Ce qui reste de vieux feuillage encor Aux charmes et aux frênes Des bourgs lointains et des fermes prochaines. Mais néanmoins, au coin du bois, près de la route, On ne sait où, là-haut, S’écoute Un chant d’oiseau.