Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère, Sans passion, sans rien qui les oblige à plaire ; Quand parmi les humains distraits ou soucieux Nul ne vient se placer sous le signe du feu ; Quand j’observe les fronts engourdis, l’âme nue, La promesse d’amour si faiblement tenue, L’absence d’univers dans la voix et les yeux, Vous à qui j’ai donné le monde jusqu’aux nues, Certes, c’est un bonheur que vous m’ayez connue !