Mois de septembre

François Coppée

Les mois — 1878

Après ces cinq longs mois que j'ai passés loin d'elle, J'interroge mon cœur ; il est resté fidèle. En Mai, dans la jeunesse exquise du printemps, J'ai souffert en songeant à ses beaux dix-sept ans. Quand la nature, en Juin, de roses était pleine, J'ai souffert en songeant à sa suave haleine. En Juillet, quand la nuit peuplait d'astres les cieux, J'ai souffert en songeant à l'éclat de ses yeux. Août a flambé, Septembre enfin mûrit la vigne, Sans que mon triste cœur s'apaise et se résigne. Toujours son souvenir a le même pouvoir, Et je n'ai qu'à fermer les yeux pour la revoir.