xiv . On dirait des coulées de pâte

Francis Jammes

Poèmes mesurés — 1908

On dirait des coulées de pâte qui serpentent ; ce sont les châtaigniers dont tracent sur la sente les racines tantôt nues, tantôt souterraines. Cette sente rouilleuse et pierreuse mène sous un reflet vert-d’eau à la lande si rase que lorsque le soleil l’émiette et l’embrase elle n’est qu’un espace où tout semblerait noir… Mais un nuage épais et blanc faisant pleuvoir une noirceur plus forte encor sur la colline, la lande comme un champ de neige s’illumine.