Sonnet VII

Théophile Gautier

Premières Poésies — 1830

Liberté de juillet ! Femme au buste divin, Et dont le corps finit en queue ! G. DE NERVAL. E la lor cieca vita è tanto bassa Ch’invidiosi son d’ogn’altra sorte. Inferno, canto III. Avec ce siècle infâme il est temps que l’on rompe ; Car à son front damné le doigt fatal a mis Comme aux portes d’enfer : Plus d’espérance ! — Amis, Ennemis, peuples, rois, tout nous joue et nous trompe. Un budget éléphant boit notre or par sa trompe ; Dans leurs trônes d’hier encor mal affermis, De leurs aînés déchus ils gardent tout, hormis La main prompte à s’ouvrir et la royale pompe. Cependant en juillet, sous le ciel indigo, Sur les pavés mouvants, ils ont fait des promesses Autant que Charles dix avait ouï de messes ! Seule, la poésie incarnée en Hugo Ne nous a pas décus, et de palmes divines, Vers l’avenir tournée, ombrage nos ruines.