Le vieillard chaque jour dans plus d’ombre s’éveille

Victor Hugo

Toute la lyre

Le vieillard chaque jour dans plus d’ombre s’éveille. À chaque aube il est mort un peu plus que la veille. La vie humaine, ce nœud vil, Se défait lentement rongé par l’âme ailée ; Ce sombre oiseau lié veut prendre sa volée Et casse chaque jour un fil. Ô front blanc qu’envahit la grande nuit tombante, Meurs ! — Tour à tour sa voix, sa force succombante, Son œil où décroît l’horizon S’éteignent, — ce sera mon destin et le vôtre ! — Comme on voit se fermer le soir l’une après l’autre Les fenêtres d’une maison.