Sans regrets, crois-moi, sans effroi

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Sans regrets, crois-moi, sans effroi, Je vais mourir. Je meurs de froid. Je ne sens plus bien ta chaleur. On ne peut pas lutter sans cesse ; Mon esprit contre ta paresse Se brise. C’est toi le vainqueur. Je sens s’éloigner de mon cœur Cette image immense et précise De ta personne errante, assise, Et qui m’enchantait de stupeur… Excuse ma voix qui s’épuise, Je te parle encor. Je te parle encor.Mais je meurs.