Waterloo

Blanche Sari-Flégier

Visions d'épopée — 1897

O nuit de Waterloo, tu t'achèves, maudite !... Et le plus Grand des Grands, aux lueurs du matin, S'en va, morne, écoutant le lugubre tocsin Que semble lui sonner sa Gloire mise en fuite ! Tu le suis, noble Armée, ô toi dont la conduite, En ce jour, éblouit l'Anglais et le Germain... Toi, que l'on vit tenter un effort surhumain... A tel malheur, pourquoi les cieux t'ont-ils réduite ? Hélas, l'Aigle meurtri, brisé, tournoie encor... Sentant que, plus jamais, ne ruissellera l'or Du Soleil dAusterlitz, sur ses soldats fidèles !... Et tous avaient pu voir, qu'à leur Oiseau Divin, La Défaite arrachait la plume de ses ailes, Pour la semer au vent sinistre du Destin !