À S. A. R. Madame, duchesse de Berri
Élisa Mercœur
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843
Incertain des baisers d’Auster ou de Zéphire,
Inhabile pilote, au vent douteux du sort
Confiant mon léger navire,
Je disais : qui l’attend de l’écueil ou du port ?
Et je cherchais aux cieux quelque brillante étoile
Dont la clarté guidât mon fragile vaisseau ;
Mais dans l’ombre glissait ma passagère voile,
Sous le dôme d’azur n’était pas un flambeau.
Et mon âme docile à l’effroi du naufrage,
Infidèle à l’espoir ne rêvait qu’un écueil,
Plus avançait l’esquif, plus fuyait le rivage,
Chaque souffle était un orage,
Chaque flot était un cercueil.
Quand votre influence propice ,
Combattant mon destin peut vaincre sa rigueur,
Daignez de mes projets devenir la complice,
Avec moi conspirer ma gloire et mon bonheur !
Et lorsque je livre ma voile
Au vent capricieux du sort,
Daignez être pour moi la salutaire étoile
Dont la clarté me guide et me conduise au port !