Je songe à ta main longuement

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Je songe à ta main longuement, Ta chère main musicienne Qui me livre le firmament Des musiques magiciennes Et roule mon cœur triste et lourd Dans leur vertigineux velours. Mais combien plus encor m’attache Ton instinctive et tendre main Quand sa grâce à mon cœur arrache Un ineffable arpège humain…