La Solitude

Anna de Noailles

Les Vivants et les Morts — 1913

Quoi ! vais-je m’attrister d’un long jour solitaire ? Reprocherai-je au sort son indigent éclat ? Plus poignant est l’ennui, plus il est salutaire ; Aidons le doux réseau du temps à se défaire ; N’est-il pas juste, ô cieux ! que l’on se sente las, Et que déjà pour nous tout commence à se taire, Puisqu’il faudra, pourtant, être un mort dans la terre…