Quatre Amours

Élisa Mercœur

Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843

Lorsque du sort on n’obtient pour soi-même Qu’un lot de vains désirs et d’amères douleurs, Du bonheur de ce que l’on aime Pour tromper sa misère on se fait un bonheur ! Ô vous ! qui possédez tant de droits pour prétendre À l’humaine félicité, Vous que le destin a su rendre Un ange de bonté, d’esprit et de beauté ! Vous au cœur animé d’une si noble flamme Que chacun de vos vœux jusques au ciel porté À peine échappé de votre âme Reçoive la réalité ! Que féconde en bonheur la terre généreuse Soit belle à vos regards, soit facile à vos pas, Et qu’assurée enfin que vous êtes heureuse, J’oublie en l’apprenant que je ne le suis pas ! « De la dépouille de nos bois « L’automne avait jonché la terre, « Le bocage était sans mystère, « Le rossignol était sans voix… »