Le Sablier

Renée Vivien

Haillons — 1910

Le bien-être s’en va de mon corps douloureux… Et l’ombre revenue emplit encor mes yeux. Ô bien-être ! reviens dans mon cœur douloureux ! La terreur d’une proche et certaine agonie Me hante brusquement d’une horreur infinie Ô spectre horrible et prompt de la proche agonie ! Instant inévitable, éloigne-toi de moi ! Je veux vivre et n’ai point la ferveur de la foi Qui ferait éloigner toute crainte de moi ! Comme en un sablier glisse et coule le sable La vie insidieuse échappe, inexorable… Voici que lentement glisse et coule le sable !…