J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse ; La stupeur ; le lointain des couleurs et des bruits Qui n’enveloppent plus un corps plein de paresse. — À présent, enfoncée en quelque étrange nuit, J’oppose pesamment au destin qui me nuit Le pur désert d’un cœur où la révolte cesse, Et la sérénité, plus lasse que l’ennui !…