L’univers n’est pas…

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

L’univers n’est pas ton domaine ; Malgré ton regard ébloui Ni lui de toi ni toi de lui, — Ô pauvre âme qui te surmènes Afin d’égaler les étés, — Vous ne pouvez vous contenter ! Cesse ton orgueilleuse audace, Âme liée au faible corps ! L’éclatant azur te menace D’ennui, de vieillesse et de mort. — Mais si le doux destin amène Un tendre amant à tes côtés, Goûte bien la chaleur humaine, Sa charitable parenté, C’est là l’unique éternité Que les pauvres êtres comprennent…