De l’orage et de l’eau

Renée de Brimont

Mirages — 1919

L’heure est chaude, languide, moite. L’eau sous le flottant et faible fardeau des nymphéas, l’eau miroite où j’ai baigné mes mains étroites. Un cygne glisse… Beau dédaigneux indolent, il plisse l’épaisseur lisse de cette eau, et frôle ces dormants calices. L’orage est proche… C’est un vague malaise qui, se mêlant à ces roseaux, pèse ! Les oiseaux dans les feuillages ombreux se taisent. Molle torpeur… Enchantement fade… Halo d’une buée sur l’étang de jade… Ah ! perdre dans l’eau Mon âme orageuse et malade !…