Diane, des le jour que l’esclair de ta face
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Diane, des le jour que l’esclair de ta face
Affrianda mes yeux d’un appas enchanteur,
Je n’ay peu adviser si je doy’ plus d’honneur
A ta douce beauté, ta sagesse, ou ta grace :
L’une me brusle, & l’autre a fait transir de glace
Mon espoir, la troisieme a mis dedans mon cœur
Un vif pourtraict non feinct d’une feinte douceur,
Fondement sablonneux où j’assieds mon audace ;
Ta beauté fit voler mon ardeur jusqu’aux Cieux,
Ta sagesse l’asseure & fait esperer mieux,
Tes gracieux accueils eslevent mon envie ;
Ta beauté me fera supporter ta rigueur,
Ta sagesse pourra excuser mon erreur,
Ta grace interinant la grace de ma vie.