Ô suave ami périssable

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Ô suave ami périssable, Tu ne pourras laisser de traces Que le temps mobile n’efface Comme fait le vent sur les sables ! Tes doux jeux, charmants, éphémères, Sont faits d’écume et d’âme amère, Et cependant, quoi que tu fasses, Il restera que je t’aimais, Que j’ai dit ta grâce à l’espace, Et penché sur tes yeux ma face Où le soleil se résumait !