Mozart

Blanche Sari-Flégier

Quelques Maîtres — 1897

J'étais l'ange exilé dont la harpe divine Consolait, par ses chants, vos humaines douleurs ; Plein d'amour, je séchais vos yeux baignés de pleurs, En vous parlant des Cieux que la Joie illumine. Vous avez deviné ma céleste origine, Mortels, dont le front penche au souffle des malheurs ; Et, jaloux que ma voix fît éclore les fleurs, Vous avez, sous mes pas, semé plus d'une épine. La Haine, de son fouet, a déchiré mes flancs ; J'ai bu l'opprobe amer, les outrages sanglants ; Et j'ai connu l'Envie aux fureurs ténébreuses. Mais je n'ai pas, en vain, tendu vers Dieu les bras Mon Père m'a rouvert les portes bienheureuses, Et je chante, à ses pieds, loin des hommes ingrats !